Matriarcat berbère Maure Beydane face à l’islam : plus tu as de maris, plus tu es respectable

Matriarcat berbère Maure Beydane face à l’islam : plus tu as de maris, plus tu es respectable  « Je vous assure que nous respectons bien les hommes. D’ailleurs, c’est l’islam qui nous guide en ce sens ». Les Maures (ou Mauri) est le nom donné aux populations arabo-berbères métissés vivant au Sahara et dans les territoires sud, côtoyant les populations noires. Ils n’ont pas grand chose à voir avec les Maures d’Espagne, étant donné que ni leur dialecte ni leur culture ne sont apparentés. Le terme « Maure » leur a été attribué car ils étaient la seule population d’origine nord-africaine trouvée dans le sud du Sahara. Le constat qui suit concerne principalement les femmes appartenant au sous groupe “maure blanc“ (Beydane) de la communauté arabo-berbère. Il est probable que, dans le processus d’assimilation de la culture arabo-berbère, le sous-groupe “maure noir » (Haratine) a subi l’influence des éléments matriarcaux, mais les manifestations de cette imprégnation semblent moins visibles. Lire Matriarcat Sahraoui (Maroc) : jusqu’au 17ème siècle avant l’arrivée de l’islam Matriarcat berbère & Islam arabe en Mauritanie Par Natacha David. Enjeux internationaux, Bruxelles. Reproduit dans Courrier international, supplément au n° 926-7-8 du 1 août 2008. Jouissant de plus de liberté et de pouvoir que dans le reste du monde arabe et musulman, les femmes de Mauritanie en imposent à leurs époux. Les caractères patriarcaux de la société islamique sont tempérés par des survivances, encore vivaces, de règles matriarcales qui offrent à la femme maure une marge d’autonomie et d’autorité dans la sphère domestique dont ne jouissent pas les femmes des autres communautés. Sans égaler la position sociale de la femme touareg, autour de laquelle la société est structurée (système matrimonial et matrilinéaire ; dévolution du pouvoir par la lignée maternelle ; propriété exclusive de la tente dont elle peut chasser le mari en cas de mésentente), la femme arabo-berbère jouit d’une déférence certaine de la part des hommes, ainsi que d’une tolérance et d’une d’autonomie dans son ménage nettement plus étendue que celles dont bénéficient les femmes des autres communautés. Lire Matriarcat Touareg (Sahara) : culte de Tin Hinan reine-mère fondatrice des hommes bleus Les femmes portent la culotte Biha El-azza Heidoud, première femme cameraman mauritanienne, a inversé ma question : je lui demandais si les femmes mauritaniennes se sentaient respectées par les hommes. Un malentendu qui semble conforter l’idée répandue que les femmes maures porteraient la culotte sous leurs melahfas, ces voiles légers multicolores, aux antipodes des voiles noirs opaques, chargés de soumission, qui assombrissent d’autres républiques islamiques. Une liberté qui déplaît au régime islamique Avec son chant lancinant et dépouillé, sa musique mariant instruments traditionnels et guitares électriques, Malouma, la blueswoman mauritanienne issue d’une lignée de griots, incarne une liberté de ton rebelle, qui lui a valu dix ans de mise à l’index sous le régime autoritaire précédent. « Notre Islam, ce n’est pas l’islam dont on parle à la télévision. Nous dirigeons, malgré le voile », explique cette mère de quatre enfants, devenue sénatrice après avoir fait campagne avec l’opposition aux dernières élections. Liberté sexuelle et empire des femmes Déjà au XVIe siècle, le géographe maghrébin Ibn Battuta, observant que « les hommes ne sont nullement jaloux de leurs épouses », est interloqué de ce qu’il voit dans la région orientale de l’actuelle Mauritanie. Cinq siècles plus tard, l’explorateur René Caillié s’étonne de ce que les femmes maures « servent rarement » leurs époux, sur lesquels à ses yeux « elles conservent plus d’empire  » que les Françaises. Position dominante et divorce aisé « Les femmes maures sont très difficiles. Si elles ne sont pas assez gâtées à leur goût, elles divorcent pour un rien, en tout cas dans les milieux matériellement aisés, où les filles sont éduquées. Auparavant, le mariage, c’était l’alliance entre deux tribus ; et, si la femme s’en allait, toute la tribu de l’homme était déshonorée. Alors, tu faisais tout pour gâter ta femme, afin d’éviter qu’elle ne te quitte. Les anciennes transmettent à leurs filles que la femme doit avoir une position dominante », m’explique Niang Mamadou. En charge des relations extérieures et de la coopération du syndicat indépendant CGTM, il souligne la différence avec les ethnies négro-africaines du sud du pays. « Dans mon ethnie, la femme doit être soumise, seule la mort peut la séparer de son mari et elle doit accepter la polygamie. » Pas de couple fusionnel, les visites nocturnes A l’opposé de l’image du couple fusionnel à l’occidentale, dans la vie quotidienne traditionnelle maure, les époux ne se retrouvaient que pour la nuit. Ce qui n’empêchait nullement la femme d’être libre de sortir du foyer à sa guise et même d’y recevoir des invités masculins. Apportée en dot par la femme, la tente, la khayma, était l’unité sociale première, placée sous sa seule responsabilité et son entière propriété.Un code de conduite contre les violences conjugales Les femmes des communautés maures, sauf cas exceptionnels, jouissent d’un statut qui les protège de la violence directe des hommes. Le code de conduite matriarcal régissant les relations entre les hommes et les femmes (idéalisation, déférence, tolérance, interdits relatifs aux coups et aux insultes) reste encore vivace. Á telle enseigne que c’est, au contraire, l’homme qui subit et accepte les insultes et, parfois les coups de sa compagne. Les violences physiques à l’encontre des femmes ne sont pas pour autant inexistantes.Maîtresse absolue du foyer « Chez les Maures, en l’absence de l’épouse, qui visitait régulièrement ses parents, la tente était abattue ou inoccupée, le mari se réfugiait dans une tente voisine ou sous un arbre. Il eût été honteux, ridicule, à vrai dire impensable qu’il occupe l’espace féminin hors de cette présence tutélaire », explique l’ethnologue Pierre Bonte.Le prestige du divorce Touchant près de 40% des femmes (deux fois plus de Maures que de Négro-Africaines) le divorce est un sujet très sensible. « La tradition, c’est que plus tu as eu de maris, plus tu es respectable. Pas comme au Maroc, où c’est perçu comme une tare sociale, ou au Mali, où il est difficile pour une divorcée de trouver un emploi », explique Mahjouba Mint salek, syndicaliste et vétérane du combat pour l’égalité. Contrairement à certaines idées reçues, la fréquence des divorces n’est ni la conséquence prévisible d’une inversion des rôles sociaux “naturels“ ni un indice de permissivité d’une société. Les divorces sont également nombreux dans la société targuie. En fait, il s’agit là d’une des constantes des sociétés matriarcales. “La stabilité du mariage et la fréquence des divorces qui lui est corrélative sont assujetties aux conditions d’affiliation des individus aux groupes et aux modes de constitution de ces derniers : les divorces sont ainsi plus nombreux dans les sociétés matrilinéaires que dans les autres sociétés“.Quatre enfants de trois pères différents« J’ai été mariée trois fois. Les nouvelles épouses de mes ex-maris sont gentilles avec moi et mes enfants ; c’est comme un grand clan où tout le monde me respecte. Auparavant, la jalousie était terrible, car le foyer était le seul faire-valoir des femmes. Maintenant, elles commencent à avoir d’autres sources d’épanouissement. J’ai quatre enfants de trois pères différents – trop peu, au goût de mes parents. »Les charmes de la femme, danger pour l’ordre social patriarcal Cette tradition tient à un mélange de réminiscences de l’ancien matriarcat berbère et d’héritage de la dynastie berbère des Almoravides, où la femme était la maîtresse du foyer. Comme dans le reste du monde arabe, la femme, par ses charmes, est toutefois source de danger pour l’ordre social patriarcal, mais plutôt que de la voiler et de la cloîtrer, la société maure conjure ce danger « en assignant à la femme le statut d’objet inaccessible et parfait », socle d’une culture du désir masculin inassouvi plutôt que de domination.Survivances et vestiges de l’ancien matriarcat berbère Les différences dans les statuts des femmes mauritaniennes ont leur origine dans l’importance des survivances du matriarcat dans les différents environnements humains. Fruit d’un double héritage socioculturel, la société maure s’est bâtie, au long des siècles, en une synthèse civilisationnelle intégrant les apports berbères et arabes autour de la dynamique islamique. Si la société maure est patriarcale, elle se caractérise par des survivances relativement fortes du matriarcat, un des traits distinctifs des sociétés berbères. Lire Matriarcat Berbère (Maghreb) : des résistantes à l’islam aux amazones de KadhafiMatriarcat privé, islam publique La société arabo-berbère, plus que toutes les autres sociétés mauritaniennes, est caractérisée par la dualité qui préside à son organisation sociale et à son fonctionnement. La coexistence entre un système matriarcal (même à l’état de vestiges) et un système patriarcal à prétention hégémonique est une source potentielle de conflits infinis et multiformes qui traversent les relations entre les hommes et les femmes, et investissent leur quotidien.   « Il y a une superposition de deux systèmes. Traditionnellement, dans l’espace nomade, les femmes sont très présentes sur le plan individuel et familial. Mais, au niveau de l’espace public, cela reste une société patriarcale liée à l’islam ; ainsi, les assemblées communautaires dans les mosquées ne comprennent pas de femmes. Elles sont présentes dans tous les secteurs de la production, comme le commerce, la pêche ou l’industrie, mais pas dans les cercles de décision. Les nouveaux quotas vont sans doute leur donner le goût de se battre pour plus d’espace public », espère Hindou Bint Ainina, rédactrice en chef du Calame, un journal indépendant.Quotas, scolarisation, et excision La Constitution de 2005 réserve aux femmes un quota minimal de 20% dans les différentes assemblées et, depuis février 2007, elles bénéficient aussi d’un quota minimal de 20% dans l’administration. Lors des élections de 2006 et 2007, pour la première fois libres et démocratiques, elles ont remporté 30% des sièges locaux et 21% des sièges législatifs. La Mauritanie se distingue aussi par un taux record de scolarisation des filles : autour de 70% à l’école primaire. Le taux des filles dans l’enseignement secondaire est aussi en augmentation, mais reste freiné par les mariages précoces et le manque d’accessibilité des collèges en zone rurale. A l’inverse de l’éducation, les indicateurs de santé sont alarmants. La mortalité maternelle reste très élevée. Interdite, l’excision subsiste clandestinement, touchant quelque 70 % des Mauritaniennes.L’autre Mauritanie : arabe, islamique et patriarcaleSupériorité “naturelle“ de l’homme et infériorité de la femme L’ordre social est avant tout celui de la hiérarchie qui établit la supériorité “naturelle“ de l’homme sur la femme. Ce principe premier est la pièce centrale du socle idéologique du système patriarcal. La légitimation que lui apportent les normes juridiques (fondées sur la religion et les coutumes) et les pratiques sociales ont assuré sa pérennité. Au fil des siècles, une interprétation de plus en plus conservatrice de la loi islamique a accru la “minorisation“ et la marginalisation de la femme, et même l’a pratiquement exclue de la sphère publique. Inférieure à l’homme, la femme a un devoir (obligation) de soumission à son égard. Si ce principe est tempéré par les vestiges d’un matriarcat ancien, en milieu arabo-berbère, sa rigueur ne s’en applique pas moins, juridiquement, à l’ensemble de la société.Le gavage des fiancées arabesA la tombée du jour, quand le sable du stade de Nouachkott tiédit, les baskets de courageuses dodues dépassent des melhfas. « J’ai des problèmes de diabète et d’hypertension, je veux maigrir, même si mon mari n’est pas ravi », m’explique, le souffle encore court de son exercice, Yahfada, employée de banque. Au sein de l’élite urbanisée, les régimes ont fait leur apparition, au rebours de l’idée qu’il faut être bien potelée pour porter noblement son melahfa. La lutte pour survivre à la rudesse du désert avait en effet conduit à l’adulation de l’obésité et au gavage des fillettes. Toutou, 10 ans, 80 kilos vaut plus de 50 chameaux Odette du Puigaudeau, aventurière du désert venue se perdre en 1933 sur ces terres alors interdites, raconte, horrifiée, comment, alors qu’elle était l’hôte de la tribu de l’émir Ould-Deïd, elle fut « éveillée en pleine nuit par l’ordre répété : Charbi ! (tu bois !), entrecoupé de pleurs et supplications d’une enfant, un homme agenouillé à ses pieds lui serrant les orteils entre deux bâtons à chameaux ». Avec son « torse bourrelé de graisse », la peau distendue « fendillée de minces gerçures roses », Toutou, de la taille d’une enfant de 10 ans, pesait bien 80 kilos. Grâce à ce supplice par lequel « les fillettes paient la gloire d’être des animaux de luxe, Toutou valait plus de 50 chameaux », qu’offrirait pour l’épouser « quelque vieux chef riche ». Pour domestiquer l’épouse par les vieux maris Cette accumulation de kilos réduisait la femme à l’inactivité, de quoi faire la fierté des maris capables d’y suppléer par une domesticité nombreuse. Sur le plan sexuel, cette passivité s’inscrivait aussi dans le code culturel voulant que la femme n’affiche que dédain et désinvolture par rapport à son mari. A l’origine signe extérieur de richesse des familles aisées, le gavage est peu à peu aussi devenu un calcul économique, mieux valant marier les filles inactives au plus vite. Pour contrer les chants d’amour traditionnels magnifiant les rondeurs, le ministère de la Santé a même commandité des chansons romantiques célébrant la minceur et ostracisant l’obésité. Heureusement en régression, le gavage touche aujourd’hui moins d’une Mauritanienne de moins de 19 ans sur dix, contre un tiers de celle de 40 ans et plus. Selon la journaliste Hindou Bint Ainina, « même dans les campagnes, le gavage n’est plus imposé. Si c’est toujours pratiqué, c’est un choix. » La polygamie, symbole de virilité et de richesse Chez les Négro-Mauritaniens en revanche, la polygamie, symbole de virilité et de richesse, reste très répandue. A défaut de l’interdire, le nouveau Code de la famille la décourage, la conditionnant à l’acceptation de la première épouse. Chez les Maures, la monogamie règne de fait, comme une exigence des femmes en dépit de la tolérance de l’islam à son égard.
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Come possiamo cambiare? Gustavo Esteva | 14 giugno 2014

Come possiamo cambiare? Gustavo Esteva | 14 giugno 2014   Print PDF    La necessità di resistere alla violenza delle politiche di rapina ed espropriazione della nostra possibilità di decidere come vivere è largamente diffusa. Ci divide il “come” resistere. C’è chi guarda in basso e chi verso l’alto. Alcuni provano a mettere in atto cambiamenti profondi e dicono sia il solo modo efficace per resistere. Altri continuano a esercitare il “sacro” diritto di chiedere a quelli che stanno in alto dei cambiamenti (cosmetici) e alimentano la fantasiosa idea secondo la quale la soluzione arriverà quando a un potere cattivo si potrà sostituire un potere che si presume migliore. Milioni di persone sono pronte a tutto per difendere o conquistare il diritto di chiedere  di cambiare le cose o il mondo. È una tradizione antica, forse un’eredità monarchica che deriva da quando bisognava davvero chiedere tutto al re. L’esperienza dice invece che i cambiamenti profondi non arrivano dall’alto di Gustavo Esteva Il malcontento è indistinto, abbondante e diffuso…  anzi, generalizzato. Man mano che aumenta l’ondata di violenza, tanto quella dei criminali che stanno in alto e quella dei criminali che stanno in basso quanto quella dell’economia. Come evitare che lo scontento degeneri in disperazione? Come convertirlo in capacità di trasformazione? Cosa possiamo fare?  Prendetevi cura di voi stessi, prendetevi cura di noi, ci ha detto il Galeano nella sua prima apparizione. Questa è la priorità. Dobbiamo impegnarci nella difesa degli zapatisti; non deve passare giorno senza che si faccia qualcosa di fronte alle minacce che li circondano. E abbiamo  bisogno di prenderci cura di noi stessi, perché esse pesano pure su di noi.  La minaccia principale viene dall’alto: governo e classi politiche agiscono come imprenditori della spoliazione, della violenza, della corruzione e dell’impunità. C’è un crescente consenso sulla necessità di resistere alle loro politiche e alle loro azioni. Ma ci divide la forma della risposta. Alcuni  guardano verso il basso, altri verso l’alto. Alcuni si fanno carico di cambiamenti profondi, che vedono come l’unica forma efficace di resistere, mentre altri continuano a chiedere a quelli che stanno in alto alcuni cambiamenti cosmetici e alimentano la fantasiosa idea secondo la quale la soluzione arriverà quando potranno sostituirli con altri che si suppone siano migliori.Ci sono milioni di persone, qui e da altre parti, che sono disposte a dare tutto, perfino la vita, per difendere il sacro diritto di chiedere. E’ una tradizione antica, forse ereditata dalla monarchia, quando  bisognava chiedere tutto al re. Secondo il modello statunitense, è fondamento di tutte le società democratiche moderne, che si basano sulla docilità e la sottomissione al potere, come ha stabilito la nostra prima Costituzione (1). La libertà politica che si considera più importante nelle democrazie contemporanee è il diritto di riunione, consacrato nella Dichiarazione dei Diritti degli Stati Uniti come il diritto del popolo a riunirsi pacificamente e a  rivolgersi al governo per correggere le sue ingiustizie. É il Primo Emendamento, il primo. Afferma il diritto di riunirsi…per poter esercitare il diritto di fare richieste, che sarebbe il diritto fondamentale nello Stato-nazione, nel regime creato per amministrare il capitalismo. Si definisce con cinismo democrazia, anche se con esso i cittadini non possono partecipare alle decisioni di governo e, ancor meno, possono imporre la loro volontà ai governanti. Possono chiedere qualcosa sì, ma le autorità, così come faceva il re, possono non farci caso.   Ha ancora senso esercitare la nostra libertà di riunirci e manifestare, ogni giorno più esposta a regolamentazione e repressione. Non dobbiamo perderla. Ma è insensato continuare a dedicare le nostre energie a chiedere a coloro che stanno in alto – attraverso cortei, raccolte di firme, o quel che sia – che facciano il contrario di quello che stanno facendo. L’esperienza mondiale, e in particolare quella messicana, mostrano che, vogliano o no i funzionari esaudire le richieste della gente e affrontare a fondo “i problemi” attuali, non possono farlo. È impossibile realizzare dall’alto i cambiamenti profondi di cui oggi c’è bisogno. Ci sono quelli che continuano a sperare in un grande avvenimento sconvolgente: colpi di mano, di Stato o di fortuna che producano improvvisamente questi cambiamenti. É un’illusione pericolosa e paralizzante. Non posso più credere a cambiamenti magici, come un’insurrezione vittoriosa che trasformi una società, ci ha detto tempo fa Mercedes Moncada, del Nicaragua. Credo che le rivoluzioni siano graduali, profonde e associate alla vita quotidiana. Devono radicarsi in tutti gli spazi delle società, nelle famiglie, nelle relazioni personali, nei più piccoli, nei vicinati, in tutto ciò che in fin dei conti definisce la forma del potere. Ce lo aveva detto pure, nel 2007, il defunto sup (il Subcomandante Marcos, ndt) : ”Le grandi trasformazioni non cominciano né in alto né con fatti grandiosi ed epici, bensì con movimenti piccoli nella loro forma e che appaiono irrilevanti per il politico e l’analista che stanno in alto. La storia non si trasforma partendo dalle piazze piene o dalle moltitudini indignate, ma piuttosto…partendo dalla coscienza organizzata di gruppi e collettivi che si conoscono e si riconoscono reciprocamente, in basso e a sinistra, e costruiscono un’altra politica”. Di questo si tratta oggi. In questo deve consistere il prenderci cura di noi stessi e di loro. Come ha detto ancora il sup: “Le trasformazioni reali di una società, ovvero,  delle relazioni sociali in un dato momento storico… sono quelle che vanno dirette contro il sistema nel suo insieme. Attualmente non sono possibili rattoppi né riforme. In cambio, sono possibili e necessari i movimenti antisistemici”.  Se riuscissimo a rompere il velo che nasconde le illusioni della rivendicazione o della sostituzione dei dirigenti, potremmo concentrarci su ciò che veramente manca ed è completamente fattibile: organizzarci in gruppi e collettivi che possano farci crescere mutuamente nella pratica di azioni effettivamente trasformatrici, per affrontare con efficacia le minacce terribili  che pesano su di noi e convertire la situazione nell’opportunità di cambiamento che da tanto sogniamo. . (1). La Costituzione del 1917 è un apporto della tradizione giuridica messicana al costituzionalismo universale, dato che fu la prima costituzione della storia che include i diritti sociali, due anni prima della Costituzione tedesca di Weimar(1919). Foto:  Massimo Tennenini Fonte: la Jornada. Titolo originale: El sagrado derecho a pedir  Traduzione per Comune-info: a cura di Camminar Domandando. Gustavo Esteva vive a Oaxaca, in Messico. I suoi libri vengono pubblicati in diversi paesi del mondo. In Italia, sono stati tradotti: «Elogio dello zapatismo», Karma edizioni: «La Comune di Oaxaca», Carta; e, proprio in questi mesi, per l’editore Asterios gli ultimi tre: «Antistasis. L’insurrezione in corso»; «Torniamo alla Tavola» e «Senza Insegnanti». In Messico Esteva scrive regolarmente per il quotidiano La Jornada ma i suoi saggi vengono pubblicati anche in molti altri paesi. In Italia collabora con Comune-info. Tutti gli altri articoli di Gustavo Esteva usciti su Comune-info sono qui   Un piccolo nucleo di amici italiani di Esteva, autodenominatosi “camminar domandando”, nei mesi scorsi ha stampato il testo della conversazione tenuta da Esteva a Bologna nell’aprile 2012 (i temi in parte sono gli stessi degli incontri tenutisi nell’occasione a Lucca, in Val di Susa, Torino, Milano, Venezia, Padova, Firenze e Roma):  “Crisi sociale e alternative dal basso. Difesa del territorio, beni comuni, convivialità”. (chi vuole, può scaricarlo su www.camminardomandando.wordpress.com).
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