L’OLIVERAIE. L’AGORA DE LA MÉDITERRANÉE » Pour apprendre à vivre ensemble

« L’OLIVERAIE. L’AGORA DE LA MÉDITERRANÉE »Pour apprendre à vivre ensembleUn Forum permanent de la Méditerranée à partir de l’eau, de l’agriculture, de la vie et de la citoyenneté. La situation dans laquelle se retrouve, à l’état actuel, la Méditerranée a le ton du drame pour des millions d'hommes et de femmes dans toute la zone allant de la rive sud de la Méditerranée, au Sahel et au Corne d'Afrique, à l'Afrique dans son ensemble et de la péninsule arabique à l'Hindu Kush.L’UE et la Méditerranée sont l'épicentre d'une zone de fluctuations brutales, destinées à graver profondément sur le situation géopolitique et économique, sur l'environnement de la région et sur le sort du millions de hommes et de femmes.L'instabilité, produite par des guerres permanentes, par le terrorisme, la radicalisation, la faim, les violence de tout genre, le pillage et l’exploitation brutale de ressources, l’ environnement, les hommes et les femmes, des populations entières a généré une incroyable vague humaine qui changera l'Europe.Donc, en face de cette situation, nous ne pouvons pas être seulement des spectateurs et attendre que les grands acteurs mondiaux qui ont déterminé ce scénario, trouvent la voie pour le modifier radicalement.Il y a au contraire un urgent besoin de lieux, d’espaces et d’institutions, nombreux et différents, pour pouvoir penser, discuter et projeter ensemble les parcours que nous permettrons de apprendre à vivre ensemble.A partir de cette conviction et de cette donnée, il nait la proposition de L’OLIVERAIE. L’AGORA DE LA MÉDITERRANÉE » Un Forum permanent de la Méditerranée à partir de l’eau, de l’agriculture, de la vie et de la citoyennetéUne proposition écrite et avancée par Riccardo Petrella (Belgique), Mimmo Rizzuti (Italie), Leila Ghanem (Liban), Manoubia Ben Gadahem et Rafik Boujdaria (Tunisie), Anwar Monghith (Égypte), Virgilio Dastoli (Europe) déjà présentée, discutée et partagée dans le FSM de Tunis du 25-29 de mars dernier, reprise dans la Conférence du Messina qui célébrait le 60ème anniversaire de la conférence tenue dans la même ville qui a donné naissance à la Communauté Européenne. Dans l’appel final de cette conférence qui a eu lieu du 3 au 6 juin 2015, il a été adoptée cette proposition, dont je vais exposer les points principaux.2Pourquoi l’eau, l’agriculture, la citoyenneté, la vie ?L'EAU:L'eau, un élément essentiel pour la vie, une grande opportunité pour « vivre bien ensemble », pour les habitants de la Méditerranée, est devenu une source de séparation, de mort, de conflits, d’exploitation de la nature et d’inégalités économiques et sociales croissantes. Son essentialité semble, à paroles, partagée par tout le monde. En fait la Charte Méditerranéenne de l'Eau fut adoptée à Rome en 1992. Et à la création de « l'Union pour la Méditerranée », en juillet 2008, le premier thème sur lequel on a essayé de commencer une nouvelle phase de coopération fut l'eau.La suivante conférence euro-méditerranéenne sur l'eau du 2010, malheureusement, échoua pour des grandes divergences d'ordre politique, malgré l'existence d'un accord général de vie sur lequel les habitants de la Méditerranée peuvent essayer de construire un autre modèle pour vivre ensemble et combattre contre les causes structurelles du l'appauvrissement dans leurs pays.S’il n’y aura pas de grands changements structurels, la disponibilité et l'accès à l'eau pour une utilisation humaine seront de plus en plus critiques pour 180 millions de personnes qui déjà aujourd'hui vivent dans des conditions de stress hydrique (moins de 500 m3 pendant l'année par personne), en prenant en considération aussi les effets catastrophiques sur la Méditerranée qui seront produits par le changement climatique. L'eau deviendra encore plus que pendant le passé, une source d’ inégalités humaines et sociales.L'AGRICULTURE:Le deuxième élément pour un «autre vivre ensemble» et pour la lutte contre l'appauvrissement, passe à travers une autre agriculture, dont le liens avec l'eau sont fondamentaux et inséparables. L'irrigation constitue la partie plus importante des prélèvements d'eau dans la Méditerranée (60% en moyenne générale, mais 72% pour les pays du sud et de l’est de la Méditerranée). L'agriculture est une richesse clé pour l’échange et la vie (habitation, culture, habitudes alimentaires, régime méditerrané, pratiques sociales..) dans l’histoire et pour le devenir de la Méditerranée.Mais elle est aussi une richesse à double tranchant pour nos peuples: d’un côté elle est une source de commerce mutuellement avantageux et d’importants échanges socio-culturels, mais au même temps elle est aussi une source de grande compétition, d’exploitation et de conflits. Surtout si on pense que dans 15 ans la population de la Méditerranée dépassera les 480 millions ( dont 70% sera urbaine, donc particulièrement fragile en termes de santé en cas de hausse des prix agricoles et alimentaires).Le modèle productiviste et consumériste de l'agriculture "occidentale" industrielle intensive est en crise et il y a un grand élan mondial pour la réévaluation de l'agriculture biologique, paysanne, familiale, "kilomètres zéro ", pour l'alimentation locale, intégrée avec le territoire, pas asservie par des brevets prédateurs et par des traités commerciaux injustes.Il est temps de (re)promouvoir la Méditerranée comme un espace économique-environnemental et socio-culturel propice pour l'agriculture alternative biologique, paysanne, coopérative (très différent de ce qui est devenue la majorité des coopératives agricoles!) au service d'un 'alimentation saine et d’une gestion durable et participative du territoire. Cette agriculture est incompatible avec les processus qui génèrent l'exclusion et la pauvreté.3Son élancement au niveau de la Méditerranée aura des effets positifs importants sur l'emploi local. "Vivre et travailler dans le pays" non seulement il permettra d'arrêter l'abandon du territoire, mais il atténuera la migration et réduira les conséquences dramatiques actuelles. Mais il est aussi très important pour la rive nord de la Méditerranée et pour la construction d'un système qui puisse gérer la vague constante de la migration destinée à durer pour des années, en intervenant, par exemple, en Italie (mais pas seulement) à l'activation de processus de revitalisation des zones intérieures de la dorsale des Apennins et des zones de tourisme faible dans les Alpes.Mettre en place dans ces zones (comme il est- entre autres- prévu en Italie par la programmation 2014-2020 des Fonds structurels de l'UE) un système visant à l’accueil des réfugiés, demandeurs d'asile, et des migrants en général, et un système visant au même temps à l’arrêt du dépeuplement du territoire, à l'entretien et à la récupération d’un grand patrimoine des terres, des forêts et des maisons abandonnées, à la relance des activités productives dans l'agriculture soutenue par une gamme de services essentiels à la vie d'aujourd'hui ( communication, formation, protection, soins), mettre en place un système de ce genre, toujours soutenu par la recherche scientifique, il peut marquer un véritable tournant dans les politiques européennes en général, et pas seulement dans les politiques de cette domaine spécifique.LA VIE ET LA CITOYENNETÉD’ici le troisième élément du projet: la vie.C’est-à-dire le droit à la vie pour tout le monde dans l’égalité, la justice et la solidarité, et le droit à la vie d’autres espèces vivantes et de la nature. La vie conçue comme paix et comme culture. L’eau et la nourriture comme base pour la paix. La communication et l’échange d’idées et de projets comme base pour la culture plurielle dans une zone déterminée, comme ils l’affirment les études attentifs de Braudel et de son école sur l’approche de l’historiographie positive des “Annales”, comme une zone inspirée à l’ “‘Unité’, la « cohérence », au « même destin », à la « grandeur » .L’Oliveraie. Agora de la MéditerranéeL’olivier est l’arbre icone de la vie de la Méditerranée L’oliveraie est le symbole de la vie millénaire.. Pourquoi alors ne pas lancer l’initiative “ L’Oliveraie. Agora de la Méditerranée ”,forum permanent, ouvert et itinérant dont les premières thèmes d’analyse, d’échange et de conception de projets politiques pourraient être l’eau et l’agriculture et les liens entre eux et le “vivre ensemble”?Il s’agit de deux sujets sur lesquels il existe un riche patrimoine de « projets » déjà élaborés ( on pense au “Plan Bleu” concernant l’eau ou au “Slow Food” pour ce qui concerne les semences et l’agriculture).Un troisième sujet qui va naitre de manière spontanée en relation à la vie, il va concerner la « citoyenneté méditerranée », les droits, la liberté de circulation.Quelles-sont-elles les perspectives et les conditions ?Sur les deux thèmes de l’eau et de l’agriculture il est en cours un projet de recherche et de développement promu par l’UE et concernant spécifiquement la Méditerranée dans le domaine du 7ème Programme de recherche de l’UE. Il s’appelle PRIMA, Partnership in Research and Innovation in the Mediterranean Area et son but est de contribuer à travers les activités de recherche et d’innovation à promouvoir une société plus saine et durable.4Les protagonistes principaux de PRIMA sont les centres de recherche, les universités et les entreprises.”L’Oliveraie. L’Agora de la Méditerranée ” est un forum permanent, itinérant basé sur la participation active des citoyens (associations, mouvements, coopératives et sociétés mutuelles, entreprises locales et de l’économie sociale et solidaire, la société civile en générale) et des institutions publiques locales, régionales (par exemple par la Méditerranée Nord, la région PACA, de la Catalogne, de la Murcia, de la Sicile, de la Croatie). La « présidence » de l’agora devrait être assurée à tour de rôle tous les six mois par un parlement de six Pays membres qui auront adhéré progressivement à l’Agora.En fait il s’agit de commencer un parcours sur base volontaire dans l’espoir que tous les Pays de la Méditerranée vont bientôt adhérer à l’Agora.La conférence de Messine nous enseigne qu’il est possible commencer par des principes communes, même si le nombre des pays est d'abord limitée. Le choix des parlements plutôt que des gouvernements ne signifie pas l'exclusion des gouvernements, mais il est lié au fait que les parlements sont composés par des représentants élus par le peuple et donc il est conforme à l'objectif de l'Agora 'basé sur la participation des citoyens et des institutions élues.L'histoire récente montre que le devenir de la Méditerranée n’est pas seulement "une entreprise/affaire/question des gouvernements", et il ne peut pas être réduit à des accords entre les «stakehorlders" chers à la "gouvernance économique mondiale" oligarchique à l’état actuel. La participation effective des citoyens eux-mêmes à partir des institutions des « communautés de vie » locales est essentielle.LA FINANCEC’est tout aussi importante la question de la finance et du financement des futurs projets pour l'eau et l'agriculture. Il est possible de penser et de planifier un autre futur, dans l'intérêt solidaire des peuples, à condition qu’on met en place de formes de financement nouvelles par rapport à celles du système actuel. Il est nécessaire tout d’abord de réinventer une finance publique et d’imaginer et véhiculer des nouveaux contenus de l’innovation. Il faut libérer l'innovation de l’encapsulation réductrice dans laquelle elle a été emprisonné et soumise à l’impératif exclusif de la technologie et du rendement financier à court terme.Ni l'eau, ni l'agriculture seront des sources et des espaces de vie en l'absence d'une finance et d’une innovation publiques à dimension sociétale intégrée. L'eau et l'alimentation ont besoin de finance publique, de nouvelles caisses d’épargne et d’investissements publiques, en particulier coopératives et mutuelles.La culture économique et financière coopérative et mutuelle (au-delà des formes de microcrédit et des banques éthiques) ne peut pas rater le rendez-vous avec les droits et la créativité des peuples de la Méditerranée. Il est à "L'oliveraie. L'Agora de la Méditerranée " de discuter et mettre en oeuvre des nouveaux instruments financiers et organisationnels au service d’objectifs du « Pacte entre les peuples de la Méditerranée ». 53. La proposition en brefLes points clés de « Pour une Agora des peuples de la Méditerranée. Le forum permanent de l'Oliveraie : Eau, Agriculture et Vie » :1) Le but: travailler pour un «Pacte entre les peuples de la Méditerranée", à partir de deux "sources et domaines de la vie », l'eau et l'agriculture pour «bien vivre ensemble» (sans exclusion et appauvrissement). Un processus qui devrait conduire à proposer de nouvelles formes de développement de «vie communautaire» en partenariat et d'innovation coopérative. La Méditerranée et la «citoyenneté méditerranée" (dans le cadre plus large "euro-méditerranéenne")2) Le principal instrument de travail: "L'oliveraie. L'agora de la Méditerranée ", un forum permanent, mais itinérant, d’analyses, de débats et de conception de projets sous la responsabilité des parlements (à tour de rôle tous les six mois).3) Les moyens de travail: valoriser la conception de projets existante dans le domaine de l'eau et de l'agriculture (opec huile d’olive) et de la migration et faire appel, selon les temps nécessaires, à un organisme méditerrané financier publique pour couvrir le financement des actions de partenariat.Les prochains événements afin de procéder à la réalisation du projet:1) . Entre le 23 et le 26 Novembre (à vérifier et confirmer) à Tunis, une initiative publique pour présenter et lancer l'appel de Messine dans le cadre des politiques de l'UE envers la Méditerranée après 20 ans depuis Barcelone 1995;2) . un séminaire d'une journée pour travailler au lancement du parcours de l'Oliveraie. Agora de la MéditerranéeEdité parMimmo Rizzuti(Forum italo-tunisien pour la citoyenneté méditerranéenne) www.forumitalotunisino.com

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